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Histoire(s) de guerrier japonais...
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florent


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MessagePosté le: Ven 5 Oct - 09:08 (2012)    Sujet du message: Histoire(s) de guerrier japonais... Répondre en citant

Bonjour à tous,

inaugurant un nouveau blog centré autour des guerriers japonais, essentiellement de l'époque d'Edo, je me permets de copier ci-dessous la majeure partie du premier article, dont le sujet est le bushidō. Je précise que, pour des raisons aussi bien pratiques que de protection de mon travail, je ne proposerai sans doute pas les articles à venir sur ce forum ; dans le même ordre d'idée, précisons aussi que je vous demande de ne pas copier l'article ci-dessous, partiellement ou intégralement (il est soumis aux droits d'auteur). Merci, et bonne lecture ! N'hésitez pas à me faire part de vos réflexions et commentaires sur ce forum, c'est surtout pour ça que je crée ce sujet (et un peu pour faire ma pub, avouons-le)



Commençons par un sujet un peu tarte à la crème, le bushidō 武士道, traduit habituellement par "la Voie du guerrier". Il s'agit d'un sujet aussi délicat à traiter qu'il est populaire. Plutôt que de me risquer à une composition personnelle, présentons, en guise d'introduction, une traduction du terme tel qu'il figure dans le Koku shi dai jiten, "Grand dictionnaire de l'histoire du Japon", une des plus importantes références dans le domaine de l'histoire japonaise.

"L'emploi généralisé du terme "bushidō", pour désigner les valeurs morales des guerriers, s'observe à partir de l'époque Meiji [1868-1912]. Durant le Moyen-Âge [1190-1600], était entre autres employé l'expression "usages de ceux maniant l'arc et les flèches" ; le terme "bushidō" apparut à l'époque pré-moderne [1600-1868]. Dans de nombreux cas, il était employé pour désigner les valeurs morales des guerriers, bushi 武士, en opposition avec le terme "shidō" 士道, littéralement "Voie du gentilhomme" [la différence entre les notions de shi et de bushi feront éventuellement l'objet d'un article ultérieur - de manière générale, dans le contexte japonais, ils renvoient tous deux au guerrier]. Ogyū Sorai, parlant du bushidō en tant que savoir archaïque de l'époque des provinces en guerre [1394-1573], a dit : "le monde connaissait uniquement le savoir nommé bushidō" (Sorai sensei tōmon sho). Le confucianiste de l'époque du bakumatsu [1854-1868] Saitō Setsudō a affirmé que les "maisonnées de guerriers à l'époque pré-moderne" connaissaient l'existence d'un "concept nommé bushidō" n'étant pas rattaché à la Voie des Saints, seijin no michi 聖人の道. La relation, à l'époque pré-moderne, entre shidō et bushidō est visible dans ces deux affirmations. Le Japon pré-moderne, marqué par la diffusion d'une éducation de nature confucianiste, vit la nette apparition d'un mouvement reprenant les codes moraux des guerriers formés durant l'époque des provinces en guerre, tout en les basant sur un fond confucianiste. Le résultat était présenté sous le terme de "shidō". Pour les défenseurs de ce shidō, le bushidō désignait le discours moral des guerriers de l'époque des provinces en guerre, c'est-à-dire un savoir archaïque et inutile. Bien que les notions de shidō et de bushidō apparaissent clairement opposées lorsqu'elles étaient discourues de manière précise, leur différenciation, lorsque employées au sein de la société japonaise pré-moderne, n'était pas toujours évidente. Avec la baisse d'autorité du confucianisme et, entre autres, l'aspiration vers des éléments guerriers de nature traditionnelle, la tendance consistant à nommer volontairement "bushidō" un discours tenant fondamentalement du shidō connut un essor graduel ; bien que ces deux termes soient des notions nées d'un même terrain rhétorique et comportant une importante base commune. La généralisation du terme "bushidō" à partir de l'époque Meiji hérita de cette tendance. L'œuvre représentative du discours sur le shidō est le Yamaga gorui 『山鹿語類』de Yamaga Sokō, guerrier à la fois confucianiste et spécialiste en Art militaire. Cet ouvrage comprend une importante partie consacrée à ce sujet, le Shidō hen 「士道篇」. L'illustration la plus aiguisée du discours sur le bushidō est le Hagakure, la partie principale des analectes de Yamamoto Tsunetomo, guerrier attaché aux Nabeshima. Dans cet ouvrage, Tsunetomo affirme que "la Voie du guerrier consiste en la mort". De manière générale, Sokō et le Hagakure sont tous deux cités lorsqu'il s'agit de considérer les caractéristiques des deux courants que sont le shidō et le bushidō, ainsi que les éléments constituant leur base commune.

Les seigneur de l'époque des provinces en guerre, marquée par une importante instabilité politique [cf. ge koku jō 下剋上], se devaient de posséder une tempérament solide basée sur une grande force d'esprit ; en comparaison, une fois les troubles civils apaisés et la paix revenue, nombreux furent les guerriers marqué par un tempérament d'administrateur civil plutôt que de combattant, et, tout en héritant de l'état d'esprit des dirigeant d'antan, à montrer davantage d'intérêt pour un confucianisme riche en considérations morales propres aux politiciens. Durant l'époque pré-moderne, l'enseignement du confucianisme n'était pas limité aux seuls guerriers, mais ce sont eux en particulier qui l'adoptèrent en tant que code moral, et qui considéraient "la Voie confucéenne comme étant égale à la Voie du guerrier [shidō]" (Nakae Tōju, Okina mondō, volume inférieur). C'est ainsi que prit forme le discours sur le shidō. Tous les guerriers, sans distinction de rang, étaient considérés comme des guides moraux du chemin pour réaliser la Voie dans le monde. De même, dans son Shidō hen, Sokō affirme que le guerrier doit tout d'abord "connaître son rôle imparti [shoku bun 職分]" ; selon Sokō, alors que le rôle imparti pour chacun des trois ordres [san min 三民, autrement dit les paysans, les artisans et les marchands] consiste à pourvoir aux besoins essentiels de la vie quotidienne, celui des guerriers correspond à prendre conscience de la Voie de l'Homme, en son application et à y guider les trois ordres, concrétisant ainsi la Voie humaine dans le monde. L'idéal guerrier pour Sokō correspond à une personne "d'une qualité d'un Homme de la Voie [daijōbu 大丈夫]" caractérisé par "une indépendance et une individualité de premier ordre". Il s'agit d'un homme n'étant pas influencé par ses émotions ou ses désirs, ayant une solide assurance de ce qu'est une vie guidée par la Voie, veillant à ce que ses moindres gestes respectent les manières justes (l'étiquette) ; un homme qui, au sein de la société guerrière, se démarque de tous et ne connait aucun égal sur le plan moral. Et parce que "de son apparence à ses gestes et paroles, rien n'est négligé mais extrêmement majestueux, il s'agit de l'état supérieur de l'homme" ; dans la vision idéaliste de Sokō, "tous se calquent sur le modèle [représenté par le guerrier parfait]". Le guerrier ne se contente pas de sublimer sa contenance par le biais de ses gestes et de ses paroles, il doit aussi illustrer en permanence, au sein de l'espace de vie quotidienne qu'est l'habitat, l'ordre de la Voie. Il en va de même pour les vertus internes, qui étaient considérées être développées par le maintien de cette juste contenance. L'importance accordée à l'étiquette au sein de la société du Japon pré-moderne contribuait certes à maintenir l'ordre social des classes en place, mais, dans la conscience des guerriers, à l'étiquette juste correspondait un guerrier caractérisé par une indépendance et une individualité hors pairs. Le confucianiste Saitō Setsudō affirmait : "les armures comprennent des couleurs évitant l'humiliation ; de la même manière, la personne se vêtant, telle une armure, de l'étiquette juste et de modestie, échappera à toute humiliation de la part d'autrui".

À l'opposé d'un discours sur le shidō insistant sur la prise de conscience et la réalisation de la Voie, le discours sur le bushidō, illustré de manière incisive par le Hagakure, met en avant l'acceptation de la mort, comme l'illustre sa phrase d'introduction. Dans le discours du shidō, les débats autour de la loyauté et de la rectitude correspondent, pour l'homme attaché à sa vie et ne pouvant renoncer à sa propre personne, à une préparation logique permettant de légitimer la préférence de la survie à la mort ; logique où la survie n'est possible que dans la mort même. Le Hagakure, quant à lui, envisage le "fait de mourir" comme étant égal à la poursuite d'une pureté ignorant toute notion d'individualité ; il ne s'agit pas uniquement de se jeter spontanément dans la mort à un moment donné, mais aussi, au quotidien, de "sans cesse vivre avec la mort à ses côtés" et, ce faisant, de concrétiser la forme véritable du service à son seigneur. La vision des relations vassaliques dans le discours du bushidō sont de nature extrêmement émotionnelle, au point que seigneur et vassal pouvaient être liés par un sentiment d'unité dépassant les notions de bien ou de mal. Le suicide du vassal à la mort de son seigneur, junshi 殉死, associé à l'amour entre hommes et méprisé par Sokō, est accepté par le Hagakure. L'emphase du sacrifice ne se limite pas aux relations vassaliques, mais s'applique aussi, par exemple, à la manière de pratiquer un duel : ne pas abandonner le combat avant d'être piétiné et découpé en morceaux, afin de ne pas connaître la honte de l'abandon. Il s'agit là d'une argumentation mettant en valeur un comportement totalement dénué de retenue et de doute. L'"acte de mourir" exacerbé par le Hagakure ne s'applique pas simplement envers le seigneur, il est aussi synonyme d'une poursuite d'un état d'esprit noble surpassant l'attachement à sa propre vie. Et si le discours sur le shidō affirme lui aussi la nécessité de sans cesse "avoir la mort à l'esprit", c'est parce que l'homme, ne sachant quand sa vie s'éteindra, doit penser à son décès prochain et profiter de chaque instant afin de vivre selon la Voie de l'Homme. Cette interprétation n'est pas de même nature que la notion d'"acte de mourir" développée dans le Hagakure. Et alors que le shidō présente une solennité amenant l'ascendant spirituel sur autrui, le bushidō met en avant une force stoïque. Cependant, si le premier est décrit comme étant le fruit d'un éveil à la Voie et d'une juste contenance, dans le Hagakure, cette force intrinsèque, qui n'est diffère de la simple puissance musculaire, provient d'une dévotion totale au concept d'acceptation de la mort. En général, les guerriers avaient pour principe de ne pas se laisser distancer par leurs pairs. Dans le Go rin no sho, ouvrage attribué à Miyamoto Musashi, le guerrier est décrit comme "ayant pour principe d'être le meilleur quelque soit le domaine" ; de même, dans le Budō shoshin shū de Daidōji Yūzan, celui-ci affirme que "l'homme digne d'un guerrier se doit d'avoir intériorisé le principe inhérent au caractère "victoire", shō 勝". Cependant, comme il est observable à travers les affirmations "obtenir la victoire sur soi amène obligatoirement la victoire sur autrui" (Hayashi Razan, San toku shō) et "vaincre signifie l'emporter sur ses pairs ; l'emporter sur ses pairs signifie se vaincre soi-même" (Hagakure), la victoire sur autrui était considérée n'être atteignable que pour celui l'ayant emporté sur sa propre personne (la "conquête sur soi-même", kokki 克己). Dans leurs relations réciproques, les guerriers tenaient pour idéal un mode de vie quotidien marqué par une compétition permanente, où ils rivalisaient entre eux de celui qui maintiendrait l'état d'esprit le plus noble possible. C'est à ce niveau là qu'entre en relation l'importance qu'ils accordaient aux concepts de honte et de renommée.


Ce poids accordé à la renommée et à la honte n'était pas synonyme d'une vie soumise à l'opinion des autres guerriers ; partant du postulat que les critères de jugement de chacun étaient équivalents, il signifiait une attention portée à la non réalisation d'actions considérées comme inappropriées. Pour être digne de ce nom, un guerrier devait poursuivre la renommée et s'appliquer à ne pas ternir son nom. Être mentalement inférieur à autrui équivalait à perdre son statut au sein de la société guerrière, et représentait un échec en tant que guerrier. Que ce soit dans le shidō ou le bushidō, la mise en avant, chacun à leur manière, d'une force visant à dominer l'autre illustre l'importance qu'avait, dans la société guerrière du Japon pré-moderne, l'affirmation de sa personne en tant que guerrier individuel faisant face à ses pairs. Si, du point de vue de la société, le guerrier vivait au sein de l'ordre représenté par les relations entre vassal et seigneur, il ne faut pas oublier que, en tant qu'individu, le guerrier puisait sa force d'esprit dans l'affirmation de sa personne. Cette conscience de l'individualité en tant que guerrier s'illustra encore davantage durant la période du bakumatsu, comme le montrent les affirmations suivantes : "Le guerrier tient en haute estime l'indépendance et la confiance en soi", "Même les événements retentissants, phénoménaux et extraordinaires sont l'œuvre d'une seule personne" (Genshiroku), "L'Homme de la Voie se doit d'être indépendant" (Yoshida Shōin, Kōmō yodan) ; les termes de "responsabilité personnelle" et de "noblesse individuelle" étaient sans cesse mis en avant et commentés. En outre, cette prise de conscience de l'individualité en tant que guerrier trouva sa prolongation dans l'esprit d'indépendance caractérisant l'époque allant de la période du bakumatsu à celle de Meiji. Bien que la réflexion à propos d'une indépendance basée sur la notion de droits de l'Homme, promulguée par Fukuzawa Yukichi et consorts, était de nature différente de l'indépendance guerrière, les notions de "tempérament", de "personnalité" et de "force de caractère" associées à cette nouvelle interprétation de l'indépendance étaient présentées comme héritières de la force d'esprit guerrière ; ce qu'illustre l'affirmation suivante de Fukuzawa Yukichi : "il n'est pas erroné, pour les guerriers actuels se voulant indépendants, de prendre modèle sur l'indépendance guerrière des temps anciens" (Fuku ō hyaku wa). À l'image de la description qu'en fait Nitobe Inazō dans son ouvrage Bushidō (parut à l'origine en anglais sous le titre de BUSHIDO, en 1899), le bushidō de l'époque Meiji s'articule autour d'une argumentation de type shidō. Cependant, l'aspect qui fut le plus particulièrement mis en avant est l'adaptation de ce discours, apparu à l'origine au sein des relations vassaliques de type féodal, en une moralité citoyenne au centre de laquelle se situe l'empereur ; ce bushidō, présenté par Ino.ue Tetsujirō et consorts, inclut alors en son centre cette soi-disant morale nationale.


---------------------------------- Commentaires ----------------------------------


Précisons tout d'abord que le style un rien alambiqué et relativement pesant de cette définition est essentiellement dû à la prose japonaise elle-même, académiquement lourde au possible. Et, dans une moindre mesure, au peu de temps (relatif, quelques grosses dizaines de minutes tout de même) passé à travailler sur la traduction.

La traduction justement. Il s'agit d'une définition parmi d'autres, il ne faut donc pas la prendre pour vérité absolue (pour autant que cela existe en histoire, surtout intellectuelle). Par exemple, concernant les points sujets à controverse, on pourra citer la place du confucianisme durant le Japon pré-moderne (influence majeure ? large diffusion ? base de l'éducation ? : des sujets réexaminés par les historiens japonais ces dernières années), ou encore la pertinence de citer le Hagakure comme modèle d'un bushidō marqué par la période des provinces en guerre, malgré sa diffusion extrêmement confidentielle durant l'époque d'Edo (cf., entre autres, cet article en japonais), surtout face au discours d'un Yamaga Sokō dont les textes et les idées furent, eux, largement répandus.

Bref, s'il y a de quoi couper les cheveux en quatre pendant des heures, cette définition à surtout le mérite de proposer une vision globale, mais néanmoins plus riche et plus précise ("juste", oserais-je dire) que celles existantes déjà en français (et en anglais), du concept de bushidō.

P.S. : l'article original indique les mots japonais et les titres d'ouvrages en italique ; ce n'est pas le cas systématiquement ci-dessus car il faudrait tout éditer à la main, et vu la taille du pavé...
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Dernière édition par florent le Mer 13 Fév - 15:57 (2013); édité 2 fois
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MessagePosté le: Ven 5 Oct - 09:08 (2012)    Sujet du message: Publicité

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gotonin
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MessagePosté le: Lun 8 Oct - 04:44 (2012)    Sujet du message: Histoire(s) de guerrier japonais... Répondre en citant

Ca c'est du travail. Pour ma part, le bushidô c'est avant tout un art de vivre pour occuper les samouraïs qu se faisaient chier en temps de paix.

Fallait bien les occuper ^^.
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florent


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MessagePosté le: Lun 8 Oct - 05:39 (2012)    Sujet du message: Histoire(s) de guerrier japonais... Répondre en citant

^^. T'as pas tout à fait tord, loin de là Smile. D'ailleurs, je viens de publier une mise à jour qui illustre un peu ton point de vue.

À voir sur le blog ! http://histoires-guerrier-fd.blogspot.jp/
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MessagePosté le: Mar 9 Oct - 00:46 (2012)    Sujet du message: Histoire(s) de guerrier japonais... Répondre en citant

Merci Florent ^^. Mine de rien, j'ai 5 ans d'étude de l'histoire japonaise dans le dos. Wink
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florent


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MessagePosté le: Lun 15 Oct - 15:06 (2012)    Sujet du message: Histoire(s) de guerrier japonais... Répondre en citant

Mise à jour de "Histoire(s) de guerriers japonais" : Ōkubo Tadataka et le "Mikawa monogatari" Smile

Bonne lecture !

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MessagePosté le: Mar 23 Oct - 03:57 (2012)    Sujet du message: Histoire(s) de guerrier japonais... Répondre en citant

4e article sur "Histoire(s) de guerriers japonais" : Obata Kagenori et le "Kōyō gunkan".

"Le Kōyō gunkan est une imposante œuvre en vingt-cinq volumes présentant les actions de Takeda Shingen 武田信玄, sa stratégie militaire ainsi que l'état d'esprit et les valeurs des guerriers du Kōshū [autre manière d'appeler la province de Kai]. Il s'agit aussi du traité central de l'école d'Art militaire Takeda (= école Kōshū 甲州流). S'il fut en grande partie rédigé par Kōsaka Danjō Masanobu 高坂弾正昌信, commandant de Takeda Shingen, durant l'ère Tenshō [1573-1592], il est généralement considéré que c'est Obata Kanbei Kagenori, fondateur de l'école d'Art militaire Kōshū puisant ses racines dans le clan Takeda, qui œuvra à sa compilation entre les années 1615 et 1624.

Le Kōyō gunkan rassemblant exclusivement des descriptions de l'armée de Takeda Shingen et ses règlements, il est dès lors plus juste de le considérer comme un traité d'Art militaire plutôt que comme un ouvrage sur le bushidō. Néanmoins, les valeurs guerrières s'observent en filigrane tout au long du traité."

Ça se passe toujours par ici : http://histoires-guerrier-fd.blogspot.jp/
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MessagePosté le: Lun 29 Oct - 15:31 (2012)    Sujet du message: Histoire(s) de guerrier japonais... Répondre en citant

Nouvel article consacré à Yamaga Sokô et sa vision des relations vassaliques.

"L'influence du confucianisme sur le discours moral pratique du guerrier selon Yamaga Sokō est importante ; plutôt qu'un modèle de comportement visant le combattant, forme originelle des guerriers, l'objet de son argumentation et le ton de son discours sont davantage centrés sur les valeurs propres aux lettrés de type chinois – les hommes des Lettres qu'étaient les fonctionnaires gentilshommes – ou encore celles des dirigeants politiques.

C'est ainsi que le discours tenu par Yamaga Sokō est habituellement qualifié de « shidō 士道 [la Voie du gentilhomme] » et est différencié du bushidō général. Cependant, sa pensée ayant eu une grande influence sur la société guerrière de l'époque Tokugawa, j'aimerais me pencher sur la partie de son discours traitant des relations vassaliques.

Les paroles suivantes de Yamaga Sokō, extraites du Yamaga gorui, sont restées célèbres : « Le seigneur est placé au sommet de la société pour servir le peuple, et non pour ses propres intérêts. [...] Ainsi, si un seigneur apparaît là où le peuple se rassemble et qu'un pays se forme là où est placé un seigneur, alors sans doute peut-on affirmer que le peuple est la base d'un pays. ».

Le « seigneur » [jinkun 人君, sans doute mis entre guillemets par l'auteur car il s'agit d'un composé peu employé habituellement] est un dispositif politique mis en place pour le peuple de l'Empire [tenka 天下, « sous le ciel », habituellement traduit par « le monde », était fréquemment employé durant le Japon pré-moderne pour désigner le Japon] ; le peuple de l'Empire n'est pas une propriété héréditaire du « seigneur ». La « loyauté » n'est pas un comportement « mis en œuvre au bénéfice du seigneur », mais planifié dans l'intérêt de la nation et de l'Empire."

La suite sur le blog Smile
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MessagePosté le: Mer 14 Nov - 03:50 (2012)    Sujet du message: Histoire(s) de guerrier japonais... Répondre en citant

L'attente fut plus longue que prévu, mais voici le nouvel article consacré à Yamazaki Ansai Smile

« Yamazaki Ansai, originaire de Kyōto, fut tout d'abord moine zen, mais, suite à sa découverte du néo-confucianisme, il quitta les ordres et ouvrit une école privée où il enseignât sa vision de la doctrine confucianiste. Son savoir est essentiellement de nature néo-confucianiste. Néanmoins, étant favorisé par Hoshina Masayuki, seigneur du fief d'Aizu, il fut son conseiller sur la voie de la gouvernance et participa grandement à la politique relative aux maisonnées guerrières ; de plus, ayant eu six milles disciples, son influence sur la pensée de l'époque Tokugawa fut indubitablement importante. C'est pourquoi on ne peut ignorer l'école Kimon lorsqu'il s'agit d'étudier la formation du bushidō.
L'école Kimon est connue pour situer au centre de son argumentaire la morale au sein de la société, et, en particulier, pour son insistance sur le respect solennel envers la Voie des relations seigneur-vassal. Originellement, le néo-confucianisme qualifie les relations filiales de « célestes » et les relations vassaliques de « contractuelles » ; ces dernières sont donc considérées comme un accord conclu entre deux personnes, et non comme un état innées. L'école Kimon, quant à elle, considère les relations vassaliques en tant que lien éternel et inné dépassant les générations, et cherche dès lors l'application concrète de ce lien. »

La suite sur le blog Wink
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MessagePosté le: Jeu 15 Nov - 10:34 (2012)    Sujet du message: Histoire(s) de guerrier japonais... Répondre en citant

Merci pour tout ce boulot Florent, il serait cool, si tu pouvais y insérer des illustrations pour égayer la lecture de ces pavés Wink.
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florent


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MessagePosté le: Jeu 15 Nov - 12:36 (2012)    Sujet du message: Histoire(s) de guerrier japonais... Répondre en citant

LOL^^.

Tu remarqueras que je l'ai fait pour certains sujets précédent. Là, pour Ansai, y avait pas grand chose à se mettre sous la dent, si ce n'est son portrait... et ayant eu des problèmes de mise en page avec blogger (l'éditeur de texte est pas terrible), j'ai pas pu/voulu retraficoter pour rajouter cette unique image à la fin...

edit : pfiou, ça y est, portrait rajouté... mais ça n'allège pas tant que ça la concentration de texte finalement :p
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MessagePosté le: Mar 27 Nov - 03:24 (2012)    Sujet du message: Histoire(s) de guerrier japonais... Répondre en citant

Grosse mise à jour : Yamamoto Tsunetomo et le Ha gakure


"Lorsque l'on parle du bushidō de l'époque d'Edo, celui présenté par le Ha gakure, l'ouvrage de cœur de Mishima Yukio, est sans doute largement connu. Ce traité comprend de nombreux principes moraux des guerriers de la maisonnée Nabeshima du fief de Saga ; il fut rédigé sous la dictée de Yamamoto Tsunetomo, guerrier alors reclus dans un monastère, par Tashiro Tsuramoto, jeune guerrier de Saga venu chercher le savoir de son aîné. Le premier jet fut achevé en 1710, et la version finale, en 1716.
Le Ha gakure est connu pour son bushidō extrêmement fanatique. Sa phrase la plus connue est « J'ai compris que la Voie du guerrier consiste en la mort » ! ; l'ouverture du même ouvrage comporte le passage suivant : « Qu'il se voit ordonner l'impossible ou, par malchance, de renoncer à son poste ou de se donner la mort, le guerrier ne doit faire preuve d'aucune hésitation, considérer l'obéissance comme son devoir et l'accomplir en gardant au fond de son cœur, et pour l'éternité, des sentiments mélancoliques pour la maisonnée de son seigneur. Tel est l'état d'esprit véritable des samurai rattachés à notre maisonnée (les Nabeshima du fief de Saga) ».
C'est à partir de ce genre de passages que le Ha gakure fut considéré comme décrivant un bushidō centré sur « la mort et le don de sa personne ». Que ce soit ceux décriant le Ha gakure, ou, au contraire, ses adorateurs y voyant une représentation de l'esthétisme guerrier, tous s'accordent sur l'interprétation fondamentale de son bushidō. Mais est-elle réellement juste ?"

Comme d'habitude, la suite sur le blog !
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MessagePosté le: Ven 14 Déc - 04:59 (2012)    Sujet du message: Histoire(s) de guerrier japonais... Répondre en citant

"Daidōji Yūzan, dont le nom était Shigesuke, était appelé Magokyūrō. Né en 1639 et décédé en 1730, il mena une vie longue de 92 années [sic], durant lesquelles il œuvra en tant que spécialiste d'Art militaire, en particulier à partir de 1688. Originaire de Fushimi, Kyōto, il s'installa ensuite à Edo, où il étudia l'Art militaire sous la direction de, entre autres, Obata Kagenori et Hōjō Ujinaga 北条氏長. Il fut tout d'abord au service du fief d'Aizu, avant d'être recruté par celui de Fukui. En 1717, il confia la direction de sa maisonnée à son fils aîné Shigetaka et se retira de la vie active afin de se consacrer à l'écriture. Il est connu pour ses ouvrages dépeignant la génération d'Ieyasu, comme, entre autres, le Iwafuchi yawa, le Ochibo shū et le Budō shoshinshū, présenté ci-dessous.

Le Budō shoshinshū, rédigé entre les années 1716 et 1730, présente le bushidō selon Yūzan. Ayant par la suite été imprimé et publié au sein du fief de Matsushiro, il peut être considéré comme l'un des traités majeurs sur le bushidō de l'époque d'Edo.

Le guerrier digne de ce nom se doit de garder à l'esprit et en permanence l'idée de la mort, et la porter en tant que principe de première importance. Même assis ou dormant chez soi, maintenir un esprit combatif est essentiel ; l'ouvrage explique qu'à la base du guerrier, se trouve la préparation mentale caractérisant l'homme prêt à affronter autrui.

En outre, il affirme que « le bushidō se réalise en œuvrant selon le sens du devoir et en se restreignant de l'enfreindre » ; il présente le « sens du devoir » en tant que nature véritable / élément central du bushidō. « Le sens du devoir n'est autre que le bien, aller à son encontre n'est autre que le mal ; se tromper à propos du principe régissant la droiture et agir à son encontre n'est pas la volonté du guerrier », explique-t-il clairement.

Ainsi, agir selon le sens du devoir est à la base du comportement guerrier, et Yūzan précise que cette pratique comprend trois niveaux."

Rendez-vous sur le blog pour la suite Smile
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MessagePosté le: Jeu 31 Jan - 06:36 (2013)    Sujet du message: Histoire(s) de guerrier japonais... Répondre en citant

Bonjour et bonne année 2013 à tous ! Après une fin/un début d'année chargé, voici enfin une mise à jour du blog. Au programme cette fois-ci, la dernière partie sur le bushidō de l'époque d'Edo (extrait ci-dessous). Bonne lecture Smile

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"Muro Kyūsō est un néo-confucianiste représentatif du milieu de l'époque d'Edo. Son nom véritable était Naokiyo, son nom courant, Shinsuke. Il naquit en 1658 à Yanaka, Edo, d'un père médecin, Muro Genboku ; après avoir été engagé par la maisonnée Maeda du fief de Kaga, il fut ordonné par le seigneur Maeda Tsunanori 前田綱紀 de se rendre à Kyōto afin d'étudier le néo-confucianisme sous la direction de Kinoshita Jun.an. Parmi les autres disciples se trouvait Arai Hakuseki, et ils étaient tous deux considérés comme étant extrêmement brillants. En 1711, suite à une recommandation de Hakuseki, il devint vassal direct du shōgun sous le titre de confucianiste du shogunat pour un traitement de 200 hyô.

Par la suite, une fois que Hakuseki et sa politique dite de l'ère Shōtoku disparurent du devant de la scène, Kyūsō fut engagé en tant que tuteur du shōgun suivant, Yoshimune. Ayant gagné sa confiance, il put, durant un temps, participer à l'élaboration des mesures politiques et faire diverses propositions à leur sujet. L'influence de Kyūsō sur de nombreuses facettes de la réforme de l'ère Kyōhō menée par Yoshimune a été démontrée.

Mei kun ka kun, l'ouvrage qu'il rédigea en 1715, présente les justes relations vassaliques sous la forme d'un discours tenu par un seigneur éclairé, mei kun 明君 (que l'opinion publique interpréta par la suite en tant que représentation de Yoshimune), à ses vassaux.

En résumé, seigneur et vassaux doivent considérer la « poursuite du bien et la correction du mal » comme étant leur devoir premier ; à cette fin, le début de l'ouvrage insiste sur la nécessité des « opinions différentes » et des « remontrances adressées au seigneur ». « Je crains nuit et jour d'agir à l'encontre de la voie d'un seigneur digne de ce nom, ainsi qu'à l'encontre de la volonté de chacun. S'il le moindre aspect de mon attitude ou de ma gestion du fief laisse à désirer, ou bien que vous désirez me faire part d'une réflexion, adressez-vous à moi sans la moindre hésitation », affirme le seigneur éclairé."
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MessagePosté le: Mer 13 Fév - 15:52 (2013)    Sujet du message: Histoire(s) de guerrier japonais... Répondre en citant

Voici enfin la conclusion de ce premier chapitre du blog sur le bushidō : " "Bushidō, terme indéfinissable et inemployable ?" !

http://histoires-guerrier-fd.blogspot.jp/2013/02/bushido-terme-indefinissab…

Bonne lecture Wink

« Ci-dessus figurent les principaux représentants des points de vue sur le bushidō qui furent développés durant l'époque des Tokugawa.

La loyauté envers son seigneur figure évidement en tant que l'un des points majeurs adressés par ceux-ci. Dans les relations vassaliques selon le groupe d'Ansai, un discours quasi fanatique de seigneur absolu est mis en avant. Et, tout en faisant preuve d'un minimum de réserve, il est possible de dire que la position prise par Ōkubo Tadataka dans le Mikawa monogatari est proche, dans l'esprit, de celle d'Ansai.

Il est évident que la loyauté envers son seigneur était une question centrale des discours sur le bushidō ; néanmoins, de nombreux guerriers ne s'arrêtaient pas uniquement à la loyauté au sein des relations vassaliques, mais portaient plutôt le sens du devoir même – déterminant aussi la loyauté – en tant qu'élément fondamental du bushidō.

Dans le Budō shoshin shū, Daidōji Yūzan explique que « S'appliquer à agir avec rectitude et non en opposition au sens du devoir, et la Voie du guerrier se réalisera » ; de même, il affirme clairement que « la rectitude correspond au bien, son contraire, au mal ; ne pas discerner l'un et l'autre et agir contrairement au sens du devoir n'est pas la volonté du guerrier ».

Muro Kyūsō, de même, fait de l'« attitude inflexible et droite » la composante au cœur de l'identité guerrière. Comme l'illustre clairement l'affirmation « ne pas flagorner ses supérieurs ni dédaigner ses inférieurs », Kyūsō propose avec cette attitude inflexible et droite un concept ne s'arrêtant pas au cadre exigu de la loyauté envers son seigneur, mais constituant, pour le guerrier en tant qu'individu, la Voie à emprunter dans le cadre général d'une société incluant l'individualité.

Selon Kyūsō, un tel « sens du devoir » correspond à la présentation faite précédemment, soit chercher à agir honnêtement, de manière désintéressée, selon l'étiquette, sans flagornerie ni dédain, en respect de ses engagements et avec rectitude, au secours des faibles, avec décence, résolution et une conviction inébranlable, avec justesse et force de caractère, chaleureusement et avec compassion. Et la loyauté envers son seigneur, explique Kyūsō, ne se réalise qu'à partir du moment où elle se base sur une telle conception propre à l'« attitude inflexible et droite ».

C'est ce « sens du devoir » qui constitue le cœur du bushidō ; de le Sundai zō wa, un autre ouvrage de Kyūsō, ce dernier présente cette conception de la manière suivante... »
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MessagePosté le: Ven 22 Mar - 04:49 (2013)    Sujet du message: Histoire(s) de guerrier japonais... Répondre en citant

Début du second chapitre du blog : l'Art militaire de Yamaga Sokō. Un extrait, comme toujours Smile

http://histoires-guerrier-fd.blogspot.jp/2013/03/la-societe-selon-yamaga-so…

"Question : On dit que l'Art de la guerre pratiqué dans notre école correspond à l'Art du guerrier. Dans la mesure où le guerrier doit nécessairement faire la guerre, il ne devrait pas y avoir de distinction entre l'Art de la guerre et l'Art du guerrier. Quel sens donner à cela ?

Réponse : Il est dit dans les arcanes des maîtres : « Sun-tzu a dit : « La guerre (hei 兵) est la grande affaire des nations ; elle est le lieu où se décident la vie et la mort ; elle est la voie de la survie ou de la disparition. On ne saurait la traiter à la légère » ». L'« homme de guerre » (hei 兵) désigne le guerrier. L'homme se situe entre le Ciel et la Terre. Il lui est difficile de subsister dépourvu de vêtements, d'aliments et de logis. C'est pourquoi les paysans pourvoient aux habits et à la nourriture en cultivant les champs ou en élevant les vers à soie ; les artisans fabriquent les récipients, bâtissent les demeures et forgent les outils ; les marchands, à même de fournir l'outillage aux paysans et la nourriture aux artisans, vivent en pratiquant le commerce de vivres ou de monnaie et en s'adaptant aux surplus et aux carences. [Paysans, artisans et marchands] sont appelés les trois trésors, car si les paysans prospèrent dans le pays, alors les vivres abondent, si les artisans s'épanouissent, alors les outils sont en quantité suffisante, et si les marchands font de même, la monnaie ne vient pas à manquer. Cependant, lorsque le pays n'est pas protégé, apparaissent des oisifs et des brigands qui se nourrissent sans cultiver, se logent sans bâtir, et volent de l'argent sans donner quoi que ce soit de valeur équivalente en retour. C'est ainsi qu'ils amènent le désordre parmi les trois ordres. Les forts abusent des faibles, les rusés persécutent les ignorants et c'est la fin des jours paisibles. Les guerriers, frappant et punissant [ces oisifs et ces brigands], endossent la tâche officielle de rétablir la paix dans le monde."
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